La Préférence Distributionnelle.
La préférence distributionnelle.
Un des problèmes essentiels du jeu de la carte au bridge consiste à reconstituer la distribution de la main cachée du déclarant.
Pour le faire, la défense utilise le jeu de ses petites cartes inutiles pour gagner des levées.
Un des moyens pour l’obtenir est de donner plus ou moins systématiquement, le compte (pair/ impair) de chaque couleur jouée. C’est un processus qui prend du temps et peut comporter des ambiguïtés.
Il y a plus de 30 ans (1976) que H. Vinje a publié un livre qui propose (entre autres) une démarche plus globale pour connaître la distribution du déclarant.
Il consiste à signaler le type de distribution du joueur qui signale. En effet toute distribution comporte soit 3 couleurs à nombre impair de cartes (4333, 5332, 7321,…) ou 3 couleurs à nombre pair de cartes (4432, 5422, 6322,…).
Le signal est donné en fournissant à l’atout : gros/ petit indique que le joueur qui signale à une distribution paire et petit/ gros signale une distribution impaire. Ce signal accélère la connaissance de la main du déclarant.
Mais c’est évidemment au détriment d’une autre utilisation des cartes fournies à l’atout.
Il y a une autre possibilité pour fournir une information sur la distribution. Prenons un exemple pour illustrer ce procédé.
7 S N
R62 2K 2SA
764 3P 4T
RD9863 4K 4P
963 854 6P
D874 V109
DV103 9852 W entame DK (compte à la vinje contre un chelem) et E
102 AV7 joue le 5 en compte. S prend et commence à jouer atout.
ARDV102 Le compte des atouts n’a aucun intérêt ni pour E ni pour
A53 W[1] et autant utiliser l’ordre pour jouer les P de manière
AR utile.il ne reste que 2 couleurs non signalées (T et C) et E
75 et W vont se donner leurs longueurs relatives de ces 2 couleurs. W va jouer d’abord le 9 (C>(plus longue que) T) et E d’abord le 4 (T³(au moins aussi long que) C). Le signal de W est complet et il peut utiliser le 6 et le 3 pour signaler autre chose. Par contre E a une précision à donner. En jouant 8 puis 5 E montre T = (même longueur que) C. S’il jouait 5 puis 8 il montrerait T>(plus long que) C. Si E n’avait que 2P le signal ne serait pas immédiatement complété. Il le serait plus tard soit par le compte d’une des 2 couleurs comparées, soit par le jeu petit ou gros dans la couleur d’entame dont la longueur est déjà connue.
Dans cet exemple, dès que les 3 tours d’atout sont joués W sait que S a 2K, 3C et 2T. si par ailleurs l’entame de W a été faite en compte à la Vinje (DK, carte paire = nombre pair de K) E connaît aussi la distribution de S. en particulier il voit que lorsque S jouera son 1° T, il devra duquer pour que N, qui n’aura plus que le RC comme rentrée, ne puisse pas affranchir et encaisser ses T.
Résumé : La méthode consiste à utiliser les signes > et ³ comme termes de comparaison des longueurs de 2 couleurs. Si le 1° terme est moins cher que le 2°, la 1° carte de l’écho est la plus petite. Si le 1° terme est plus cher que le 2°, la 1° carte de l’écho est la plus grosse. Le signe > est utilisé quand c’est la plus chère qui est la plus longue. Le signe³ est utilisé quand la moins chère est au moins aussi longue que la plus chère.
Quand on est dans une situation où le signal à fournir est la préférence distributionnelle mais qu’il reste 3 couleurs indéfinies, c’est le compte (indirect) de la plus chère de ces 3 couleurs qui est donné.
Il peut aussi arriver qu’en situation où le signal à fournir est la préférence distributionnelle, il ne reste qu’une couleur indéfinie. Dans ce cas on donne simplement le compte (indirect) de cette couleur.
13/06/2012
[1] Le seul cas où le compte de l’atout a de l’intérêt est le jeu d’un singleton par un défenseur, en général à l’entame. Dans ce cas le joueur concerné joue ses atouts en compte. Ça n’est jamais le cas contre un chelem !