Le Compte-Attitude

Publié le par Tonton1

. Les situations d’urgence (CMAR, encaissement) : Le compte-attitude[1].

Les 3 types de signaux les plus fréquents sont l’attitude, le compte et la préférence.

Un principe général est que pour chaque situation particulière c’est l’un ou l’autre de ces signaux qui est le plus utile et les partenaires (celui qui donne le signal et celui qui l’interprète) doivent être d’accord sur la nature du signal donné. Dans la plupart des situations rencontrées à la table ce principe fonctionne et dans une même situation on ne peut pas donner tantôt un signal et tantôt un autre sans entraîner la plus grande confusion de lecture. D’autre part le signal de compte est beaucoup plus important à la couleur car il faut savoir combien de levées on peut faire avant d’être coupé.

Cependant il existe d’autres types de signaux qui, dans des situations très particulières, permettent de transmettre (plus ou moins complètement et plus ou moins efficacement) d’autres types d’information. Ce sont d’une part des signaux qui permettent d’obtenir une information sur la distribution globale (nous en parlerons une autre fois), et d’autre part des signaux qui visent à obtenir 2 informations en même temps.

L’un est la célèbre défausse italienne qui doit, par une seule carte, donner attitude et préférence. Ses inconvénients

sont qu'on ne dispose pas toujours des cartes de signalisation adéquate et que bien souvent la lecture de ce signal 

est difficile.

Etil y a des situations d’urgence où la défense a besoin de connaître l’attitude et le compte. Ceci n’est possible qu’en prenant certains risques que seule une situation d’urgence[2] peut justifier. En absence d’urgence les 2 signaux sont donnés consécutivement. Pour permettre la simultanéïté il est nécessaire d’utiliser une méthode pour donner le compte d’une couleur proposée par Vinje et qui consiste à attaquer un honneur dont la parité est la même que celle de la couleur jouée :

Un A, une D ou un 10 promettent un nombre pair.

Un R ou un V promettent un nombre impair.

Le compte-attitude consiste à attaquer d’un honneur dans une couleur si le nombre de cartes dans la couleur correspond à la parité de l’honneur (M3.11).

En conséquence, l’attaque de la plus petite carte dans la couleur promet A, R ou D avec un nombre de cartes qui a une parité inverse de celle de l’H promis. Avec 2 petites cartes on entame aussi de la plus petite, mais cette situation est en général détectable à la table (J6.5b ; PS122)

L’attaque d’une carte intermédiaire dénie tout gros honneur et donne le compte (la plus grosse pour un nombre impair, la 2° petite pour un nombre pair (s’il y a au moins 3 cartes, ce qui est le plus fréquent dans les situations d’encaissement). Le jeu d’un 10 dénie un gros honneur et montre un nombre pair (avec ou sans le V).

Cependant avec Rx on est obligé d’attaquer du R (pour éviter un blocage). Avec DVx(xx) ou V10x(xx) (K4.4) on attaque V ce qui oblige à entamer x avec Vx et y avec Vyx, sauf évidence contraire. Avec AD secs on joue A puis D (J6.7), avec ADx on joue A puis x comme avec ADyx. Ces cas sont en principe rares quand on est en situation d’encaissement.

Dans les situations d’encaissement à 2 couleurs des contrats à la couleur, sur attaque d’une couleur d’encaissement par le partenaire, le compte a priorité sur la préférence mais pas sur l’attitude (C3.6, M5.5 ; K7.4.) à moins que l’attitude pour les H soit connue (par les encuères ou le début du jeu). Une attitude négative pour la couleur attaquée est obligatoirement positive pour l’autre couleur. L’attitude positive signifie : soit je suis intéressé soit l’autre couleur n'est pas meilleure.

Ce signal s’applique dans les contrats à la couleur. A SA les problèmes d’encaissement sont réglés par l’attitude puisqu'il n'y a pas le risque de coupe. Le compte-attitude ne s’applique pas à une couleur nommée par le déclarant (G6.6) ou à une couleur forte du mort (V2.25). Dans ces 2 cas on signale simplement en attitude ou CAE pour la seule couleur restante.

On est parfois forcé de déroger, par exemple pour garder la main (M11.6), ou à cause des cartes du mort. Dans ce cas on revient à l’attitude simple et le compte est donné à la suite quand c’est possible.

La situation d’encaissement est parfois évidente dès l’entame d’après les enchères (FL1.3, J2.15, 20). Dans un contrat de haut niveau, l’entame dans une couleur fittée où l'entameur sait qu’il y a au moins 9 cartes doit être faite en compte-attitude si le partenaire ne sait pas qu'il y a 9 cartes. (B76).

Une situation d’encaissement existe parfois avant de donner une coupe au partenaire pour éviter que le déclarant ne défausse en perdante sur perdante (PS120).

 

mercredi 21 avril 2010

 


[1] Une attaque en compte-attitude est nécessaire s’il y a incertitude sur les 2 couleurs. Quand la situation d’une des couleurs est entièrement connue la logique de la situation intervient. (B27)

[2] CAD la présence d’une couleur du camp du déclarant qui pourrait faire disparaître les levées dues à la défense.

 

 


 

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